Les activités en prison

Inventaire des activités

 


Elles ont la faculté de  sortir  le détenu de sa cellule où il passe toute la journée Le sport représente deux à trois sorties par semaine, pendant 1h30 pour chaque sorties plus 2 heures pour la douche. La promenade se fait le matin et l’après-midi, elle dure 2 heures à 2h30. Celle-ci permet aux détenus de jouer aux cartes, aux échecs, aux dames, de fumer, discuter …

De plus les détenus sont incités à aller à la bibliothèque pendant une demi-heure. Aussi, l’activité principale est l’école, pendant l’année scolaire.

Activités « épisodiques » mais qui ont leur intérêt : 

  • 2 (pour les condamnés) ou 3 (pour les prévenus) fois par semaine : « parloir » avec la famille et les personnes autorisées.
  • 2 à 3 fois par semaine : douche
  • Si besoin est : infirmerie, travailleur social, rendez-vous avec un chef, psychologue et/ou psychiatre (drogués, violeurs, alcooliques, etc…) et chaque fois si nécessaire (déprime, excitation excessive).
  1. A.    Le travail en prison

Travailler en détention est considéré comme un droit pour les détenus qui le souhaitent. L’activité professionnelle est fondamentale pour la réinsertion future des personnes incarcérées. Elle leur permet aussi de s’assurer une rémunération pour indemniser les victimes, préparer leur sortie, aider leurs familles et améliorer leur quotidien en détention.

En France 16 146 détenus ont travaillé en 2008, selon l'administration pénitentiaire. 8 596           pour le compte d'entreprises extérieures ; 6 550 pour le service général (activité liée à l'entretien et au fonctionnement de la prison), et 1 000 pour la régie industrielle des établissements pénitentiaires qui fabrique des pièces destinées à l'administration.

Le travail est devenu nécessaire à beaucoup de détenus, il faut de l'argent pour vivre en prison. Les repas sont constitués  produits simples et peu abondants, il faut donc  pouvoir cantiner, c’est-à-dire à faire des courses à la supérette de la prison à des prix exorbitants, y compris pour des produits de première nécessité (entretien, stylos...).

Le statut des détenus n'a rien à voir avec le droit commun. Il n'y a pas de contrat de travail en prison. Ce qui veut dire pas de smic, pas de congés payés, pas de droit syndical, pas d'arrêt maladie...

Ils travaillent par ailleurs dans des conditions d'hygiène et de sécurité déplorables : dans des espaces pas ou peu aérés, sur des machines qui ont souvent trente ans de retard.

Enfin, la rémunération des détenus est elle aussi très inférieure à celles des autres salariés. Ils sont payés à la pièce, avec des cadences horaires fixées par l'entreprise pour ceux qui travaillent pour des entreprises extérieures. Leur  rémunération, sorte de smic carcéral, est officiellement de 3,90 euros brut de l'heure, en février 2011 le smic était de 8,86 euros brut de l’heure. Un détenu ne gagne au mieux que 300 euros par mois, en travaillant 6 heures par jour.

Certaines entreprises peuvent considérer le travail pénitentiaire comme une variable d'ajustement à la conjoncture économique. En effet, les ateliers de détenus offrent dans certains cas les caractéristiques d'un sous-traitant idéal. Les salaires sont bas et l'absence de droit du travail garantit une souplesse indéniable. Il permet aux entreprises de réagir très vite à une commande, et la rémunération à la pièce permet d'obtenir des cadences élevées. Inversement, en cas de retournement de conjoncture, les ateliers de détenus sont les premiers sous-traitants sacrifiés..

Les entreprises employant des détenus sont, par exemple :

-          Yves Rocher, assemblage des paniers «  spéciale fête des mères ».

-          L’Oréal, fabrication des échantillons que l’on trouve dans les magazines.

-          Bic, assemblage de stylos et de rasoirs.

-          3M, découpage des Post-It.

L’entreprise qui choisit de travailler avec des détenus  facilite sa réinsertion sociale, participe à la lutte contre la récidive et fournit un revenu qui permet au détenu d’indemniser les victimes.

  1. B.   L’enseignement en prison

L'accès à l'enseignement est un droit fondamental des détenus. L'enseignement est assuré dans tous les établissements pénitentiaires. L'obligation scolaire est de règle pour les moins de 16 ans. Les détenus qui ne savent ni lire, ni écrire ou calculer couramment bénéficient prioritairement de cet enseignement.

Les autres détenus doivent y être admis sur leur demande. Des dispositions plus récentes concernant l’enseignement ont pris effet en 2005, notamment par la mise en place de réductions de peine supplémentaires en cas de succès à un examen scolaire ou en justifiant de progrès réels dans le cadre d’un enseignement ou d’une formation.

Les chiffres de l’enseignement en 2006.

  • En 2006, 24% de la population carcérale a participé aux activités scolaires.
  • 28 113 (60.1 %) ont suivi une formation de base sorte de remise à niveau,  alphabétisation, français, langue étrangère …
  • 13 745 (29.4%) ont préparé des diplômes (CAP, BEP,)
  • 4 102 (8.8%) ont préparé leur baccalauréat ou leur diplôme d’accès à l’université.
  • 815 (1.7%) étaient inscrits dans l’enseignement supérieur.

 

L'illettrisme est un des phénomènes massifs d'exclusion dans notre société ; il est encore aggravé par les conditions de vie en prison. C’est un obstacle essentiel à la réinsertion sociale et professionnelle de ceux qui en sont victimes. Il importe donc de travailler activement avec les détenus illettrés. La lutte contre l’illettrisme constitue une des priorités de la politique de réinsertion de l’administration pénitentiaire. La lutte contre l’illettrisme s’appuie sur un partenariat fort avec le service public de l’enseignement qui est présent de façon permanente en prison. Le repérage des personnes illettrées existe depuis 1995. En 2006, il s’est opéré dans 166 sites pénitentiaires auprès de 48 235 personnes. Ce repérage démontre que la population détenue est globalement en très grande difficulté.

  • 3.8 % des personnes sont non francophones.

Pour les francophones, sur le plan des compétences en lecture,

  • 12.3% sont en situation d’illettrisme grave ou avéré au regard du bilan lecture
  • 12.9 % échouent au test du fait de difficultés moindres

Les réponses pédagogiques apportées aux publics en difficulté

Le défi pédagogique au niveau des formations de base tient à la fois à l'ampleur des difficultés d'apprentissage des personnes, au volume d'heures hebdomadaire restreint, à une durée de formation en moyenne courte et à une motivation friable.

Il s’agit de convaincre ces personnes, dès l'accueil et lors du repérage, de l’intérêt à venir en classe tout en leur démontrant qu'elles sont encore capables d'apprendre, ce dont elles sont rarement convaincues.

Pour mener à bien des apprentissages tardifs, il est indispensable de mettre en oeuvre, sur des durées souvent courtes, des approches pédagogiques motivantes privilégiant les secteurs de compétences dans lesquels les personnes sont en très grande difficulté.

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